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*o2*

Berlin - quelque part aux alentours de la gare.

Son fameux sourire aux lèvres, Sarah marchait lentement, observant, détaillant, analysant presque les moindres recoin que la ville lui cachait encore. Dans sa petite robe d'été, sa valise en main et son sac à l'épaule elle ne s'était jamais sentie aussi légère que maintenant, à flotter de rues en rues entre tout ces gens qu'elle ne demandait qu'a connaitre. Leipzig était peut-être loin mais elle se morfondrait plus tard, pour l'instant son coeur était à Berlin.

Après des centaines de regard attirés et une bonne dizaine de "excusez moi, vous connaissez columbiastraße ?" Sarah arriva enfin au pied d'un grand immeuble résolument classe et son regard se posa sur les vitres du quatrième étage. Son père passait sa vie là-haut depuis 17 ans et ce n'est qu'aujourd'hui qu'elle découvrait cet endroit ... ou plutôt ce n'est qu'aujourd'hui qu'elle découvrait son père, qu'elle le voyait en vrai, autrement que sur une photo ou à travers les mots d'une lettre.
Et puis elle chercha des yeux son nom sur l'interphone et le trouva, entre une case vide et un nom à dormir debout. Pas de doute, il habitait ici.
Du bout des doigts, la jeune fille poussa l'immense porte du bâtiment. A l'intérieur tout brillait, l'ascenseur, les murs ... même les boites aux lettre. Elle appuya sur le bouton de l'ascenseur qui s'ouvrit dans un petit "clic !" et l'emmena à son étage, seulement à la sortie Sarah tomba sur deux porte : o9 et 1o.

Sarah *pensant* : Oups. Je suis censée habiter ou ? Au hasard on va dire ... o9.

Un peu tremblante, elle sortit sa clé de son sac et la tourna dans la serrure en priant pour qu'elle s'ouvre ... un tour, deux tours, trois tours ....

Sarah : Ouvre toi, saleté de porte ! Allez !

Seulement à force d'appuyer elle s'ouvrit d'un coup et Sarah manqua de s'étalée par terre. Décidemment sa commençait bien.
Le plus silencieusement du monde, la jeune fille avança dans l'appartement désert. Au bout de l'entrée elle trouva un immense salon-cuisine-salle-à-mangé sous une baie vitrée qui donnait sur toute la ville. Tout était parfaitement rangé, on aurait presque put croire à un décor de série télé s'il n'y avait pas toute ces photos aux mur et ce mot sur la table. Un mot ?


Sarah,
Je suis en réunion toute la journée, je rentre tard ce soir.
Tu peut t'installée dans la chambre au fond du couloir.
Pardonne moi de ne pas être là pour ton premier jour, j'espère pouvoir t'entendre joué au moins demain.


Sarah : Mais oui, c'est sa.

Elle déchira le mot et avança jusqu'au fond du couloir avec cette impression de ne pas être à sa place. Tout était si grand, si beau, si cher, si ... parfait qu'elle se sentait un peu sale dans cet univers tout propre.
Sa chambre était du même genre perfectionniste que le salon, avec son grand lit, ses placards vides et ses immenses fenêtre ... ça sentait la pièce triste et vide, qu'on entretient juste au cas ou. Et Sarah était ... au cas ou.
Jetant son sac sur son lit elle défit sa valise, sortit quelques une de ses photos, posa ces CDs près de la chaîne et arrangea un peu les murs à coup de feutre et de peinture. Voila, au moins comme sa elle se sentait plus chez elle.
Mais il manquait le plus important : le piano.
Trifouillant à travers tout l'appartement elle le trouva dans un coin du salon, tout noir, tout beau, tout lisse. Enfin un truc qui lui rappelait son ancienne vie.
Elle s'assit en face de lui et taquina les touches, elle aimait bien faire sa, c'était comme une conversation entre les notes et les sons, comme si le piano discutait avec elle et lui enlevait sa solitude.
Elle commença à jouer un air et ne s'arrêta plus ... jusqu'à ce que la nuit tombe.
D'ailleurs le morceau qu'elle jouait emplissait tellement la pièce qu'on entendait rien d'autre, pas même le jeune homme qui sonna à la porte ...

# Posté le dimanche 15 avril 2007 14:48

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