17 Columbiastraße - appartement 1o - Dix heures
Assis tout seul à la table de la cuisine, le nez dans son café, Tom révisait ses accords en guise de compagnie. Dans l'appartement, personne. Pas de Gustav surcaféiné, de Georg grisonnant ou de David surexcité ... Il étaient tous partis ce matin aux aurores pour un shooting spécial. Le laissant seul avec Bill, ou autrement dit avec le vide puisque le chanteur était introuvable. Et pourtant ce n'était pas faute d'avoir retourné tout l'appartement.
Tom : Donc, do, sol, si ... Bill merde mais qu'est-ce que tu fais ?
Abandonnant les notes, il s'adossa contre le mur et ferma les yeux, essayant tant bien que mal de capter un signe de son fère. N'importe quoi, pourvu que ça vienne de lui ... en vain.
Et pourtant ... un petit bruit résonna dans l'entrée, celui si familier qu'on a tous entendu au moins une fois : des clés.
Avec le peu de calme qui lui restait, Tom se leva et alla accueillir son cher frangin. Le responsable de son stress qui persistait depuis une heure.
Tom : Je peux savoir ou t'étais passé ?
Pas de réponses. Pas même un regard. Rien.
Tom : Oh, Bill, je te parle !
Le visage caché par sa capuche et ses lunettes noires, il passa devant son jumeau en l'ignorant royalement et fila vers sa chambre mais Tom le retint par le bras. Pas question de le laisser partir comme un voleur. Ils s'étaient toujours tout dits. Et ça ne risquait pas de changer.
Tom *sec* : Reste là.
Bill *essayant de se planquer et de se dégager* : Laisse moi !
Tom *persistant* : Mais pourquoi tu te cache ?!
Bill : Pour rien ! Vas-t-en maintenant !
Tom : Arrête ! Je sais que c'est faux !
Bill *criant*: Tu sais rien du tout ! Dégage !
Tout les deux se battaient presque, Tom essayant de retenir Bill qui faisait tout pour le repousser mais la rage du guitariste pris le dessus.
Tom *plaquant Bill contre le mur* : Maintenant sa suffit, dis moi ce qui se passe !
Bill essaya de pousser son frère, mais réalisa qu'entre temps, sa capuche avait glissé. Maintenant il ne pouvait plus se cacher.
Derrière ses lunettes noires, il fixa Tom d'un regard suppliant et haineux à la fois. Il lui en voulait d'être violent, mais il l'avait attendu, et il s'était inquiété pour lui. Il avait le droit de savoir, même s'il avait honte.
Bill : Tu veux savoir ? D'accord.
D'un coup, il retira ses lunettes. Tom le lâcha aussitôt et recula de stupeur ... oh non ... qu'est-ce qu'il avait encore fait ...
Là, sur sa pommette encore propre il y'a quelques heures s'étalait une coupure profonde qui lui couvrait la joues de sang. Son piercing à l'arcade avait disparut, lui laissant une belle entaille et son nez saignait tellement que même Tom avait de quoi reculer.
Tom : Mais ... mais qu'est-ce que ... qu'est-ce qui t'es arrivé ?
Bill *sec* : Je me suis battu. T'es content ?
Content ?
Son frère. Son jumeau. Sa moitié venait de se faire défoncer le visage par on ne sait trop qui et il était sensé être ... content ?
Tom : Non. Vraiment pas.
Bill *retournant vers sa chambre* : Ben tant mieux.
D'un tout petit geste soigneusement calculé, Tom attrapa son frère et le traîna jusqu'à la salle de bain. S'il croyait s'en sortir comme ça ...
Bill *surpris*: Mais qu'est-ce que tu fais ?
Tom : Je répare tes erreurs p'tit frère. Allez, viens là.
Il le força à s'asseoir sur une chaise et commença à lui nettoyer le visage.
Comprenant que se débattre n'allait pas servir à grand chose, Bill se laissa faire ... c'était tellement bien de se dire que n'importe quand, en n'importe quel cas, et quel que soit la connerie réalisée, il aurait toujours quelqu'un pour le soutenir ou, au pire, plonger avec lui. C'était tellement bien d'avoir quelqu'un chez soi, prêt à nous aider quand on vient de passer la pire nuit de sa vie ...
Tom : Lève la tête.
Il s'exécuta, exposant à la lumière son visage meurtris. Un peu hésitant, Tom l'observa quelques seconde avant d'éponger les bêtises de son chanteur, même si le sang et les coupures, honnêtement il n'en avait rien à faire. C'était plutôt le silence qui lui faisait peur.
Tom *un peu nerveux* : Alors ... tu te décide à me le dire ?
Bill : Te dire quoi ?
Tom : ... Ce que t'as fait pour rentrer comme ça.
Il ne répondit pas.
Préférant fermer les yeux et éviter son regard.
Il avait honte.
Honte d'être sortit tout seul alors qu'il savait très bien que sans Tom, il avait une chance sur deux de s'en sortir. Honte de s'être fait rétamé une fois de plus à cause de son apparence. Honte de n'avoir pas su riposter. Honte d'être si frêle. Honte de lui. Honte pour lui. Honte pour Tom.
Bill *d'une petite voix* : Je me suis battu.
Tom : Avec qui ?
Bill : Une bande de gars.
Tom : Et pourquoi ?
Bill *gêné* : Parce que ... ils ... heu ... ils m'ont traité de fille.
Tom : La prochaine fois je viens avec toi.
Bill : Nan.
Tom : Quoi nan ? Bien sur que si.
Bill : Je veux pas avoir à me déplacer qu'avec toi tout le temps.
Tom : Peut-être, mais regarde ce qui arrive quand je suis pas là.
Bill : C'est arrivé que ce soir, ça veux pas dire que je vais me faire défigurer tout les jours.
Tom : Te sens pas obliger de faire le gars sur de lui. Je sais que c'est pas le cas, je suis ton jumeaux Bill, pas un journaliste.
Bill *s'énervant* : Je sais, et ça ne t'oblige pas de devenir mon garde du corps perso à chacune de mes sorties !
Tom *s'énervant aussi* : Et ben si, ça m'y oblige ! Y'a rien qui te rentre dans le crâne ou quoi ? Faut arrêter d'être inconscient parce qu'un jour les gars qui te tomberons sur la gueule te laisserons pas t'en sortir vivant !
Bill : Te sens pas obliger de me faire la morale. J'ai pas besoin de toi pour ça.
Tom ouvrit la bouche mais la referma aussitôt.
Bill le fixa droit dans les yeux, à la recherche du moindre signe de faiblesse qu'aurait pu provoquer cette petite phrase, mais le guitariste ne cilla pas. Bill essayait de lui faire mal. Il avait réussi. Mais plutôt mourir que de l'admettre.
En guise de réponse, il le regarda de haut en bas, lui et son air provocateur, lui et ses habitudes nonchalante de je m'en foutiste perfectionné. Et lui lança d'une voix calme, trop calme :
Tom : Je sais. C'est juste que je me sens un peu obliger d'être ton frère.
Avant de disparaître derrière la porte.
Assis tout seul à la table de la cuisine, le nez dans son café, Tom révisait ses accords en guise de compagnie. Dans l'appartement, personne. Pas de Gustav surcaféiné, de Georg grisonnant ou de David surexcité ... Il étaient tous partis ce matin aux aurores pour un shooting spécial. Le laissant seul avec Bill, ou autrement dit avec le vide puisque le chanteur était introuvable. Et pourtant ce n'était pas faute d'avoir retourné tout l'appartement.
Tom : Donc, do, sol, si ... Bill merde mais qu'est-ce que tu fais ?
Abandonnant les notes, il s'adossa contre le mur et ferma les yeux, essayant tant bien que mal de capter un signe de son fère. N'importe quoi, pourvu que ça vienne de lui ... en vain.
Et pourtant ... un petit bruit résonna dans l'entrée, celui si familier qu'on a tous entendu au moins une fois : des clés.
Avec le peu de calme qui lui restait, Tom se leva et alla accueillir son cher frangin. Le responsable de son stress qui persistait depuis une heure.
Tom : Je peux savoir ou t'étais passé ?
Pas de réponses. Pas même un regard. Rien.
Tom : Oh, Bill, je te parle !
Le visage caché par sa capuche et ses lunettes noires, il passa devant son jumeau en l'ignorant royalement et fila vers sa chambre mais Tom le retint par le bras. Pas question de le laisser partir comme un voleur. Ils s'étaient toujours tout dits. Et ça ne risquait pas de changer.
Tom *sec* : Reste là.
Bill *essayant de se planquer et de se dégager* : Laisse moi !
Tom *persistant* : Mais pourquoi tu te cache ?!
Bill : Pour rien ! Vas-t-en maintenant !
Tom : Arrête ! Je sais que c'est faux !
Bill *criant*: Tu sais rien du tout ! Dégage !
Tout les deux se battaient presque, Tom essayant de retenir Bill qui faisait tout pour le repousser mais la rage du guitariste pris le dessus.
Tom *plaquant Bill contre le mur* : Maintenant sa suffit, dis moi ce qui se passe !
Bill essaya de pousser son frère, mais réalisa qu'entre temps, sa capuche avait glissé. Maintenant il ne pouvait plus se cacher.
Derrière ses lunettes noires, il fixa Tom d'un regard suppliant et haineux à la fois. Il lui en voulait d'être violent, mais il l'avait attendu, et il s'était inquiété pour lui. Il avait le droit de savoir, même s'il avait honte.
Bill : Tu veux savoir ? D'accord.
D'un coup, il retira ses lunettes. Tom le lâcha aussitôt et recula de stupeur ... oh non ... qu'est-ce qu'il avait encore fait ...
Là, sur sa pommette encore propre il y'a quelques heures s'étalait une coupure profonde qui lui couvrait la joues de sang. Son piercing à l'arcade avait disparut, lui laissant une belle entaille et son nez saignait tellement que même Tom avait de quoi reculer.
Tom : Mais ... mais qu'est-ce que ... qu'est-ce qui t'es arrivé ?
Bill *sec* : Je me suis battu. T'es content ?
Content ?
Son frère. Son jumeau. Sa moitié venait de se faire défoncer le visage par on ne sait trop qui et il était sensé être ... content ?
Tom : Non. Vraiment pas.
Bill *retournant vers sa chambre* : Ben tant mieux.
D'un tout petit geste soigneusement calculé, Tom attrapa son frère et le traîna jusqu'à la salle de bain. S'il croyait s'en sortir comme ça ...
Bill *surpris*: Mais qu'est-ce que tu fais ?
Tom : Je répare tes erreurs p'tit frère. Allez, viens là.
Il le força à s'asseoir sur une chaise et commença à lui nettoyer le visage.
Comprenant que se débattre n'allait pas servir à grand chose, Bill se laissa faire ... c'était tellement bien de se dire que n'importe quand, en n'importe quel cas, et quel que soit la connerie réalisée, il aurait toujours quelqu'un pour le soutenir ou, au pire, plonger avec lui. C'était tellement bien d'avoir quelqu'un chez soi, prêt à nous aider quand on vient de passer la pire nuit de sa vie ...
Tom : Lève la tête.
Il s'exécuta, exposant à la lumière son visage meurtris. Un peu hésitant, Tom l'observa quelques seconde avant d'éponger les bêtises de son chanteur, même si le sang et les coupures, honnêtement il n'en avait rien à faire. C'était plutôt le silence qui lui faisait peur.
Tom *un peu nerveux* : Alors ... tu te décide à me le dire ?
Bill : Te dire quoi ?
Tom : ... Ce que t'as fait pour rentrer comme ça.
Il ne répondit pas.
Préférant fermer les yeux et éviter son regard.
Il avait honte.
Honte d'être sortit tout seul alors qu'il savait très bien que sans Tom, il avait une chance sur deux de s'en sortir. Honte de s'être fait rétamé une fois de plus à cause de son apparence. Honte de n'avoir pas su riposter. Honte d'être si frêle. Honte de lui. Honte pour lui. Honte pour Tom.
Bill *d'une petite voix* : Je me suis battu.
Tom : Avec qui ?
Bill : Une bande de gars.
Tom : Et pourquoi ?
Bill *gêné* : Parce que ... ils ... heu ... ils m'ont traité de fille.
Silence.
Tom : La prochaine fois je viens avec toi.
Bill : Nan.
Tom : Quoi nan ? Bien sur que si.
Bill : Je veux pas avoir à me déplacer qu'avec toi tout le temps.
Tom : Peut-être, mais regarde ce qui arrive quand je suis pas là.
Bill : C'est arrivé que ce soir, ça veux pas dire que je vais me faire défigurer tout les jours.
Tom : Te sens pas obliger de faire le gars sur de lui. Je sais que c'est pas le cas, je suis ton jumeaux Bill, pas un journaliste.
Bill *s'énervant* : Je sais, et ça ne t'oblige pas de devenir mon garde du corps perso à chacune de mes sorties !
Tom *s'énervant aussi* : Et ben si, ça m'y oblige ! Y'a rien qui te rentre dans le crâne ou quoi ? Faut arrêter d'être inconscient parce qu'un jour les gars qui te tomberons sur la gueule te laisserons pas t'en sortir vivant !
Bill : Te sens pas obliger de me faire la morale. J'ai pas besoin de toi pour ça.
Tom ouvrit la bouche mais la referma aussitôt.
Bill le fixa droit dans les yeux, à la recherche du moindre signe de faiblesse qu'aurait pu provoquer cette petite phrase, mais le guitariste ne cilla pas. Bill essayait de lui faire mal. Il avait réussi. Mais plutôt mourir que de l'admettre.
En guise de réponse, il le regarda de haut en bas, lui et son air provocateur, lui et ses habitudes nonchalante de je m'en foutiste perfectionné. Et lui lança d'une voix calme, trop calme :
Tom : Je sais. C'est juste que je me sens un peu obliger d'être ton frère.
Avant de disparaître derrière la porte.
