Conservatoire Hanns Eisler - midi.
Juré : Bien mademoiselle, vous pouvez sortir le temps d'une pause.
Sarah : Merci.
Debout sur la scène du conservatoire, Sarah fit demi tour, droite comme un I et la tête haute. Mais dès l'instant ou son image disparut dans les coulisses, elle s'adossa au premier mur venu et ferma les yeux. Ca faisait déjà plusieurs heures qu'elle se battait pour son avenir, qu'elle donnait arguments sur arguments, qu'elle se déballait à eux en long en large et en travers mais ... ils avait toujours quelque chose à dire.
Epuisée d'avoir tant parler, elle sortit quelques minutes. Pour prendre l'air ... Pour oublier le fil qui tenait son futur ... ou pour oublier tout court.
Elle passa les portes vitrées de l'immense bâtiment et se retrouva sur le trottoir où patientait aussi une dizaine de personnes. Sûrement des pseudo recalés ... comme elle.
Et puis, sans qu'elle s'y attende, son téléphone sonna de sa poche, lui rappelant qu'elle l'avait laissé allumer et que s'il avait sonner pendant l'entretient sa place serait probablement déjà morte.
Sarah : Allo ?
Tom : C'est moi.
Sarah : Moi qui ?
Tom : Celui qui te trouve très jolie.
Sarah *souriant* : Ah ... celui-là.
Tom : Alors, tu sais si t'es prise ?
Sarah : Nan, ils sont en train de se décider.
Tom : Ben dit donc ... ils en mettent du temps.
Sarah : Je sais. Ca se mérite une place dans ce genre d'école.
Tom : ...
Sarah : Tom ?
Tom *d'une petite voix* : Oui ?
Sarah : Sa va ?
Tom : Oui c'est juste que ... moi j'ai pas fait de grandes écoles de musiques. Je me sens un peu nul à côté.
Sarah *riant* : Oui mais toi tu ...
Elle s'arrêta net, le téléphone en main, la bouche légèrement entrouverte de surprise et le regard fixé sur une seule et même chose : le buraliste juste en face. Là, posé devant la vitrine s'étalait une pancarte marquée d'une écriture bien grande qui disait :
Ponctuée d'une immense photo d'eux, ensemble, collés l'un contre l'autre, les lèvres scellées.
Debout sur le trottoir, Sarah avait l'impression de fondre sur place. Il l'avait déjà démolie hier. Et maintenant il la détruisait pour de bon. Adieu le semblant d'amour qu'elle s'était imaginée. Adieu l'impression illusoire qu'il pouvait l'aimer ne serai-ce qu'une seconde. Maintenant il avait Tina.
Et c'est avec le peu de dignité qui lui restait qu'elle approcha son téléphone de son oreille et dit :
Sarah : Oui mais toi, tout t'es permis. Y'compris d'embrasser une fille devant l'Allemagne entière.
Tom *un peu perdu* : ... Quoi ? Mais je t'ai pas em... ah ... Tina.
Sarah : Je vous souhaite beaucoup de bonheur. Bye.
Tom : Nan Sarah ! ATTEND !
Tous les pseudo recalés à moitié en pleurs de ne pas être reçu se tournèrent vers elle en se demandant qui pouvait bien lui hurler au téléphone. Les joues de Sarah rougirent et elle détacha ses yeux de l'affiche pour se reconcentrer sur son portable.
Sarah : Quoi ? Tu veux que j'attende quoi ?
Tom : Je t'ai pas dit mon urgence.
Sarah : Plus tard tu v...
Tom *la coupant* : J'ai jeter Tina. Ce matin. Avant que tu partes.
Sarah : ...
Tom : Je sais que je l'ai aussi fait hier mais là je crois qu'elle a compris. Elle reviendra pas. Je te le promets.
Sarah : ...
Bill *en fond sonore* : Tom ! Qu'est-ce que tu fous ?! Viens avant que je pète un câble !
Tom : Je dois y aller. Heum ... appelle moi ... ou ... j'en sais rien. Fais ce que tu veux.
Sarah : ...
Tom : A plus.
Et il raccrocha.
Elle n'avait rien dit. C'était si dur à croire. C'était si dur de ce dire qu'il n'était pas avec cette fille qu'il embrassait sur tous les murs de la ville. Mais elle le croyait ... plus ou moins.
Employé : mademoiselle ? Oui, vous avec le débardeur blanc. Vous pouvez venir, je crois que le jury a délibéré.
A ces quelques mots son souffle s'arrêta. Ca y est. L'heure était venue de savoir si oui ou non, elle allait devenir pianiste. Et c'est sous les regards des autres qu'elle rentra dans le bâtiment, mettant ses pensées en désordre à l'égard d'un certain guitariste de côté. Juste le temps d'aller faire foirer - ou pas - son avenir.
Juré : Bien mademoiselle, vous pouvez sortir le temps d'une pause.
Sarah : Merci.
Debout sur la scène du conservatoire, Sarah fit demi tour, droite comme un I et la tête haute. Mais dès l'instant ou son image disparut dans les coulisses, elle s'adossa au premier mur venu et ferma les yeux. Ca faisait déjà plusieurs heures qu'elle se battait pour son avenir, qu'elle donnait arguments sur arguments, qu'elle se déballait à eux en long en large et en travers mais ... ils avait toujours quelque chose à dire.
Epuisée d'avoir tant parler, elle sortit quelques minutes. Pour prendre l'air ... Pour oublier le fil qui tenait son futur ... ou pour oublier tout court.
Elle passa les portes vitrées de l'immense bâtiment et se retrouva sur le trottoir où patientait aussi une dizaine de personnes. Sûrement des pseudo recalés ... comme elle.
Et puis, sans qu'elle s'y attende, son téléphone sonna de sa poche, lui rappelant qu'elle l'avait laissé allumer et que s'il avait sonner pendant l'entretient sa place serait probablement déjà morte.
Sarah : Allo ?
Tom : C'est moi.
Sarah : Moi qui ?
Tom : Celui qui te trouve très jolie.
Sarah *souriant* : Ah ... celui-là.
Tom : Alors, tu sais si t'es prise ?
Sarah : Nan, ils sont en train de se décider.
Tom : Ben dit donc ... ils en mettent du temps.
Sarah : Je sais. Ca se mérite une place dans ce genre d'école.
Tom : ...
Sarah : Tom ?
Tom *d'une petite voix* : Oui ?
Sarah : Sa va ?
Tom : Oui c'est juste que ... moi j'ai pas fait de grandes écoles de musiques. Je me sens un peu nul à côté.
Sarah *riant* : Oui mais toi tu ...
Elle s'arrêta net, le téléphone en main, la bouche légèrement entrouverte de surprise et le regard fixé sur une seule et même chose : le buraliste juste en face. Là, posé devant la vitrine s'étalait une pancarte marquée d'une écriture bien grande qui disait :
"Exclusif : Le guitariste de Tokio Hotel et sa copine, Tina !"
Ponctuée d'une immense photo d'eux, ensemble, collés l'un contre l'autre, les lèvres scellées.
Debout sur le trottoir, Sarah avait l'impression de fondre sur place. Il l'avait déjà démolie hier. Et maintenant il la détruisait pour de bon. Adieu le semblant d'amour qu'elle s'était imaginée. Adieu l'impression illusoire qu'il pouvait l'aimer ne serai-ce qu'une seconde. Maintenant il avait Tina.
Et c'est avec le peu de dignité qui lui restait qu'elle approcha son téléphone de son oreille et dit :
Sarah : Oui mais toi, tout t'es permis. Y'compris d'embrasser une fille devant l'Allemagne entière.
Tom *un peu perdu* : ... Quoi ? Mais je t'ai pas em... ah ... Tina.
Sarah : Je vous souhaite beaucoup de bonheur. Bye.
Tom : Nan Sarah ! ATTEND !
Tous les pseudo recalés à moitié en pleurs de ne pas être reçu se tournèrent vers elle en se demandant qui pouvait bien lui hurler au téléphone. Les joues de Sarah rougirent et elle détacha ses yeux de l'affiche pour se reconcentrer sur son portable.
Sarah : Quoi ? Tu veux que j'attende quoi ?
Tom : Je t'ai pas dit mon urgence.
Sarah : Plus tard tu v...
Tom *la coupant* : J'ai jeter Tina. Ce matin. Avant que tu partes.
Sarah : ...
Tom : Je sais que je l'ai aussi fait hier mais là je crois qu'elle a compris. Elle reviendra pas. Je te le promets.
Sarah : ...
Bill *en fond sonore* : Tom ! Qu'est-ce que tu fous ?! Viens avant que je pète un câble !
Tom : Je dois y aller. Heum ... appelle moi ... ou ... j'en sais rien. Fais ce que tu veux.
Sarah : ...
Tom : A plus.
Et il raccrocha.
Elle n'avait rien dit. C'était si dur à croire. C'était si dur de ce dire qu'il n'était pas avec cette fille qu'il embrassait sur tous les murs de la ville. Mais elle le croyait ... plus ou moins.
Employé : mademoiselle ? Oui, vous avec le débardeur blanc. Vous pouvez venir, je crois que le jury a délibéré.
A ces quelques mots son souffle s'arrêta. Ca y est. L'heure était venue de savoir si oui ou non, elle allait devenir pianiste. Et c'est sous les regards des autres qu'elle rentra dans le bâtiment, mettant ses pensées en désordre à l'égard d'un certain guitariste de côté. Juste le temps d'aller faire foirer - ou pas - son avenir.