*28*

Conservatoire Hanns Eisler - midi.

Juré : Bien mademoiselle, vous pouvez sortir le temps d'une pause.
Sarah : Merci.

Debout sur la scène du conservatoire, Sarah fit demi tour, droite comme un I et la tête haute. Mais dès l'instant ou son image disparut dans les coulisses, elle s'adossa au premier mur venu et ferma les yeux. Ca faisait déjà plusieurs heures qu'elle se battait pour son avenir, qu'elle donnait arguments sur arguments, qu'elle se déballait à eux en long en large et en travers mais ... ils avait toujours quelque chose à dire.
Epuisée d'avoir tant parler, elle sortit quelques minutes. Pour prendre l'air ... Pour oublier le fil qui tenait son futur ... ou pour oublier tout court.
Elle passa les portes vitrées de l'immense bâtiment et se retrouva sur le trottoir où patientait aussi une dizaine de personnes. Sûrement des pseudo recalés ... comme elle.
Et puis, sans qu'elle s'y attende, son téléphone sonna de sa poche, lui rappelant qu'elle l'avait laissé allumer et que s'il avait sonner pendant l'entretient sa place serait probablement déjà morte.

Sarah : Allo ?
Tom : C'est moi.
Sarah : Moi qui ?
Tom : Celui qui te trouve très jolie.
Sarah *souriant* : Ah ... celui-là.
Tom : Alors, tu sais si t'es prise ?
Sarah : Nan, ils sont en train de se décider.
Tom : Ben dit donc ... ils en mettent du temps.
Sarah : Je sais. Ca se mérite une place dans ce genre d'école.
Tom : ...
Sarah : Tom ?
Tom *d'une petite voix* : Oui ?
Sarah : Sa va ?
Tom : Oui c'est juste que ... moi j'ai pas fait de grandes écoles de musiques. Je me sens un peu nul à côté.
Sarah *riant* : Oui mais toi tu ...

Elle s'arrêta net, le téléphone en main, la bouche légèrement entrouverte de surprise et le regard fixé sur une seule et même chose : le buraliste juste en face. Là, posé devant la vitrine s'étalait une pancarte marquée d'une écriture bien grande qui disait :


"Exclusif : Le guitariste de Tokio Hotel et sa copine, Tina !"


Ponctuée d'une immense photo d'eux, ensemble, collés l'un contre l'autre, les lèvres scellées.
Debout sur le trottoir, Sarah avait l'impression de fondre sur place. Il l'avait déjà démolie hier. Et maintenant il la détruisait pour de bon. Adieu le semblant d'amour qu'elle s'était imaginée. Adieu l'impression illusoire qu'il pouvait l'aimer ne serai-ce qu'une seconde. Maintenant il avait Tina.
Et c'est avec le peu de dignité qui lui restait qu'elle approcha son téléphone de son oreille et dit :

Sarah : Oui mais toi, tout t'es permis. Y'compris d'embrasser une fille devant l'Allemagne entière.
Tom *un peu perdu* : ... Quoi ? Mais je t'ai pas em... ah ... Tina.
Sarah : Je vous souhaite beaucoup de bonheur. Bye.
Tom : Nan Sarah ! ATTEND !

Tous les pseudo recalés à moitié en pleurs de ne pas être reçu se tournèrent vers elle en se demandant qui pouvait bien lui hurler au téléphone. Les joues de Sarah rougirent et elle détacha ses yeux de l'affiche pour se reconcentrer sur son portable.

Sarah : Quoi ? Tu veux que j'attende quoi ?
Tom : Je t'ai pas dit mon urgence.
Sarah : Plus tard tu v...
Tom *la coupant* : J'ai jeter Tina. Ce matin. Avant que tu partes.
Sarah : ...
Tom : Je sais que je l'ai aussi fait hier mais là je crois qu'elle a compris. Elle reviendra pas. Je te le promets.
Sarah : ...

Bill *en fond sonore* : Tom ! Qu'est-ce que tu fous ?! Viens avant que je pète un câble !

Tom : Je dois y aller. Heum ... appelle moi ... ou ... j'en sais rien. Fais ce que tu veux.
Sarah : ...
Tom : A plus.

Et il raccrocha.
Elle n'avait rien dit. C'était si dur à croire. C'était si dur de ce dire qu'il n'était pas avec cette fille qu'il embrassait sur tous les murs de la ville. Mais elle le croyait ... plus ou moins.

Employé : mademoiselle ? Oui, vous avec le débardeur blanc. Vous pouvez venir, je crois que le jury a délibéré.

A ces quelques mots son souffle s'arrêta. Ca y est. L'heure était venue de savoir si oui ou non, elle allait devenir pianiste. Et c'est sous les regards des autres qu'elle rentra dans le bâtiment, mettant ses pensées en désordre à l'égard d'un certain guitariste de côté. Juste le temps d'aller faire foirer - ou pas - son avenir.

# Posté le mercredi 16 mai 2007 14:27

*29*

Conservatoire Hanns Eisler - 14 heures.

Assise dans le hall d'entrée, entre deux jeunes hommes aussi stressés qu'elle, Sarah tripotait ses mains, jouait avec ses cheveux, se rongeait l'ongle du pouce, entortillait ses pieds ... et faisait tout pour chasser son angoisse qui semblait bien installée au fond de son corps. Apparemment, ils leur parlaient par groupe de trois, chacun dans des salles différentes, seulement ça faisait déjà plus d'une heure que le premier groupe était entré sans en ressortir, ce qui n'arrangea rien à sa peur.
Soudain, une porte s'ouvrit à la volée et l'employé qui était venu la cherchée tout à l'heure lui fit signe de venir.
Avec un dernier regard compatissant pour ses deux compagnons de misère, elle entra dans la salle en se serrant si fort les mains qu'elle aurait pu les brisées. Là, l'attendait le même jury que tout à l'heure mais cette fois ci, ils ne parlait pas. Sans dire un mot, elle se posta au milieu de la scène, le souffle court et l'angoisse au bord des lèvres. Ici même, dans ces cinq personnes se tenait le reste de sa vie.

Jurée : Bien. Mademoiselle Swann ... Je ne vous apprends pas que vous êtes la candidate la plus partagée de toute l'histoire du conservatoire Hanns Eisler, et c'est après maintes hésitations que nous vous faisons part du résultat suivant.
Juré : Votre prestation nous a impressionnés mais vous manquez de méthodes et de rigueur.
Sarah *mourant sur place* : Ah ...
Jurée : Mais, la musique est aussi un art qui se pratique à l'instinct et je dois avouez que votre spontanéité nous a extrêmement touchés.
Employé : Oh mais par pitié finissez en ! Vous ne voyez pas que cette pauvre fille est morte d'angoisse !
Jurée *un peu perdue* : Heu ... oui, bref ...
Juré : Bienvenue au conservatoire mademoiselle Swann.

Debout dans la lumière de la scène, Sarah releva la tête. Ses grands yeux gris écarquillés de surprise.
Elle ... elle était acceptée ? Oh mon dieu. Oui. Elle était acceptée.
Elle ouvrit la bouche, mais rien n'en sortit ... pas un mot. Pas un son. Juste le silence de soulagement d'une jeune fille qui avait espérer ces cinq petits mots pendant plus de 24 heures. Juste le souffle d'une Sarah qui pouvait enfin respirer.

Jurée : Vous pouvez y aller mademoiselle. Nous nous verrons lundi. Soyez présente à 8 heures pour la réunion d'information.
Sarah *d'une petite voix* : D'accord. Et ... Merci.

Aussi vite que ses jambes en coton le lui permettaient, elle sortit du conservatoire, toujours aussi surprise. Ce n'est que quand son pied effleura le trottoir, que tout les sons de la rue bruyante brusquèrent ses oreilles et que ce petit vent frais lui ébouriffa les cheveux qu'elle réalisa ce qui venait de se passer. Dans un dernier regard pour ce bâtiment qui allait abriter ses prochaines années, elle prit le chemin du métro, le sourire aux lèvres.

Sarah *tout bas* : Sarah Swann, pianiste, élève au conservatoire Hanns Eisler.

Oui, effectivement.
Sa sonnait plutôt bien.

# Posté le jeudi 17 mai 2007 10:41

*3o*

17 Columbiastraße - 15 heures.

Plus légère que jamais, Sarah s'éloigna du métro pour filer vers sa rue. Une fois son immeuble retrouvé, elle entra sans problème et pris l'ascenseur. Seulement, à l'intérieure, comme à chaque fois qu'elle le prenait, elle y croisa son reflet dans le miroir. Et sourit.
Oui, c'est ça, là, toute seule au milieu de cette petite boite qui la montait jusque chez elle, un magnifique sourire étira ses lèvres. Celui qui disait tout et rien à la fois. Celui d'une jeune fille heureuse de pouvoir souffler quelques heures. Celui d'une Sarah fière de son avenir tout proche.
Dans un petit "cling !" digne des ascenseurs de luxe, elle sortit et jeta un petit coup d'½il à la porte de l'appartement 1o. Pas de Bill tout décoiffé, de Gustav encore dans les vaps ou de Georg meurtris par un Tom surexcité, juste le silence d'un studio trop calme ... aucun doutes, ils n'étaient pas là.
Sans s'attendre à ce que son père soit présent, elle rentra chez elle et ne trouva personne avec qui partager sa joie.

Sarah : Là tu vois, mon cher "papa", j'aurais aimé que tu sois là ...

Redescendue de son nuage "après auditions réussie", elle fila vers la cuisine se trouver à manger et appuya en route sur le répondeur. Juste pour voir ce que ça faisait de se prendre pour une héroïne de série américaine.


"AAAAAAAAAAHHHHHHHH !"


Sarah se retourna d'un coup, manquant de saloper à nouveau le carrelage de la cuisine.
Mais qui pouvait bien lui filer des frayeurs pareilles !?
Seulement la réponse elle la connaissait par c½ur, sans hésitations et depuis longtemps :

Sarah : Lili ...

Effectivement ...

"Saraaaaaaah, mein Schatz, mais c'est pas vrai, tu te prend pour le ministre ou quoi ? J'ai du passer par les trois quart de Berlin pour avoir ton numéro et quand je t'appelle, pouf ! Mademoiselle est indisposée ... Je te raconte pas les gens que j'ai souler avant de parler à ton répondeur ... Bref, j'espère que ton audition s'est bien passée et qu'ils sont pas tous chiant là bas ... Oh et tu sais quoi ?! Je te le dis avant que j'oublie, ma mère m'avance le billet de train, je suis chez toi demain après midi, si j'arrive à trouver ton appartement sans alerté la moitié de la ville. Tu me manque. J'ai hâte d'être à demain !!"


Bip !

Debout dans sa cuisine, Sarah ne pu s'empêchée de sourire. Lili était tellement ... Lili. Sa meilleure amie. Sa survoltée préférée. La seule capable de la faire sourire comme ça.
Et puis, un petit bruit troubla le silence de l'appartement. Des clés. Un bruissement de tissu. Un porte qui claque et ...

... : Sarah ? Tu es rentrée ?
Sarah : Euh ... oui.

Toujours aussi impeccable, Mickaël Swann apparut dans le salon, ses cheveux dans tout les sens et le regard angoissé.

Sarah : Tu es rentré plus tôt ?
Père : Impossible de travailler sans savoir si tu étais prise. Alors ?

Il parlait vite et sa voix tremblait un peu. Il avait l'air tellement impliqué que même son stress faisait plaisirs à voir.

Sarah : On va dire que ... comment t'expliquer ça ... c'est un peu compliqué ...
Père : T'es prise, c'est ça ?
Sarah : Oh mais fallait que tu joue le jeu !
Père : Ma Sarah ... S'il y a bien une chose que tu ne sais pas faire, c'est mentir.

Il s'approcha d'elle et la pris dans ses bras. Le sourire aux lèvres et la fierté au c½ur.
Voila, un de plus d'avertis, maintenant il ne reste plus qu'à l'annoncer aux autres.


Je suis de nouveau dans une semaine surchargée mais je pense que celle-ci c'est la dernière avant l'arrêt des notes. Je vous épargne les détails des tonnes de trucs que j'ai à faire et je vous promet que je vais me débrouillée pour mettre la suite demain. D'ailleur elle est en cours d'écriture xD.


Lola

# Posté le samedi 19 mai 2007 10:13

Modifié le lundi 21 mai 2007 03:02

*31*

Père : A table !

Sarah sortit de sa chambre en dansant presque jusqu'à la cuisine. Là, l'attendait son cher papa avec un repas spécial "Sarah-à-réussis-son-audition" autrement dit ... crêpes !
Ils s'assirent tout les deux en face l'un de l'autre et discutèrent tranquillement, sans aucune gênes, sans aucun remords, du conservatoire et de comment ça allait être là-bas. On aurait presque dit un repas de petite famille normale, sauf qu'une fois tout ça finis, Sarah savait très bien qu'il allait partir. Encore.
Après avoir fait la vaisselle, il salua sa fille d'un dernier sourire avant de claquer la porte. Même s'il aurait donné tout les contrats du monde pour rester encore quelques heures et ne pas la laissée.
Quelques heures plus tard, Sarah ouvrit les yeux de sa petite sieste improvisée. Dehors il faisait moins beau et l'appartement semblait plus sombre, plus glauque. La télé restée allumée diffusait à présent un film dramatique et pour couronner l'ambiance, on n'entendait pas un bruit. Pas un souffle. Pas même un murmure. Juste du silence. Rien que du silence ...
Pas vraiment rassurée, Sarah se leva et marcha doucement jusqu'au couloir. A part attendre Lili ou répéter son piano, elle n'avait rien à faire. Alors elle décida d'explorer un peu l'appartement, histoire d'en savoir un peu plus sur ce palace qui l'abritait chaque nuit. Une fois toutes les portes ouvertes et rien de découvert, elle alla s'asseoir au bureau de son père qui ressemblait presque à celui du président, mais quelque chose attira son regard en route. Là, juste derrière la fenêtre du couloir on pouvait voir du ... métal ? Non, pas juste du métal ... un escalier. Un escalier de secours. Poussée par la curiosité, elle ouvrit la fenêtre et regarda en haut. Il montait jusqu'au toit, si elle ne se cassait pas la gueule sur les rambardes, elle pouvait peut-être y arriver. Même si c'était risqué, elle grimpa sur l'escalier et monta étage après étages, marches après marches, acrobaties après acrobaties avant d'arriver - enfin - en haut.
Dans un dernier effort, elle se hissa jusqu'a tomber sur le toit, toute sale et les cheveux emmêlés mais ça ... elle s'en fichait. Là, couchée sur le béton, elle ne voyait que le ciel et ses nuages gris. Elle ne sentait que le vent et ses airs doux de l'été. Elle n'entendait que la ville lointaine et son agitation. Le tout baigner de cette agréable sensation si rare ... celle qui nous saisis tout le corps et ne nous inspire qu'une chose : La liberté d'être seul, unique, en tête à tête avec le ciel. Enfin ... presque.

... : Sarah ?

Elle se redressa d'un coup et sa sensation disparut tout de suite. Non seulement il y avait quelqu'un. Mais en plus, d'ici, elle voyait toute la ville s'étaler sous ses pieds ... toute les rues, toutes les allées et ... le vide. Son vieux copain. Son pire ennemi. La proie de son vertige maladif.

... : Sarah, c'est toi ?
Sarah : Heu ... Oui ?

Son regard se détacha d'en bas et elle n'eu qu'a tourné la tête pour voir un certain jeune homme qu'elle connaissait bien maintenant. Tom. Toujours aussi beau. Et toujours aussi attirant.

Sarah : Ah ... c'est toi. Qu'est-ce que tu fais là ?
Tom *souriant* : J'admire le paysage. Et toi ?
Sarah *mal à l'aise* : Heu ... pareil.

Il lui sourit et lui tendis sa main fine de guitariste expérimenté.

Tom : Viens.

Sa voix était calme, presque autant que le vent qui leur caressait le visage, mais Sarah ne bougea pas. Pétrifiée sur place, elle regardait les immeubles derrière lui d'un air inquiet.

Sarah : Je ... je peux pas.
Tom : Pourquoi ?
Sarah : Heum ... j'ai ... j'ai le vertige.

Le sourire de Tom s'élargit. Elle était tellement mignonne mais tellement ... indéchiffrable. Et puis son regard changea, passant du gentil petit Tom à l'adolescent diabolique. Il avait une idée, et au lieu d'avancer vers elle il recula vers le bord. Toujours en la regardant.

Sarah *paniquée* : Qu'est-ce que tu fais ?
Tom : Je me balade.

Aussi tranquillement que possible, il positionna ses deux pieds encore plus près du vide ... Alors comme ça elle avait le vertige ? Tant mieux. Pas lui.

Sarah : Arrête ... reviens.
Tom *s'éloignant encore plus* : Pourquoi ? Je te manque ?
Sarah : Non mais ... Stop ! Bouge plus !
Tom * reculant toujours* : Ah mais j'en ai pas du tout l'intention ...
Sarah : Arrête, c'est pas drôle !
Tom *souriant toujours* : Pourtant tu peux pas savoir ce que je m'amuse.

Il recula encore un tout petit peu. A présent ses pieds n'étaient qu'à quelques centimètres du bord ... et Sarah de la crise cardiaque. Il lui lança un dernier regard amusé avant de retendre la main vers elle et de lui adresser un sourire qui se voulait rassurant.

Tom : Allez viens ... tu tombera pas, je te le promets.

Sarah regarda sa main et son visage à tour de rôle. Elle avait peur, oui, mais avec lui ... peut-être un peu moins. Aussi tremblante que possible, elle avança tout doucement vers lui, en prenant son temps, un pied après l'autre, un pas suivant le dernier et ... une fois l'avoir touché du bout des doigts, lui agrippa le bras de toutes ses forces.

Tom *essayant de la rassurée* : Tu vois ... je savais que t'y arriverais.
Sarah : Et maintenant ?
Tom : Maintenant ... une fois que t'aura terminé de me scarifié le bras, on va avancer doucement vers le bord.
Sarah : Mais ...
Tom *la coupant* : Chut. Pas de mais. Je veux que tu voies ça.

Sans la brusquée, il lui attrapa la taille et l'entraina avec lui. Tout en douceur. Chacune de ses paroles bien choisies et chacun de ses gestes soigneusement contrôler, même si la sentir si près le faisait un peu perdre la tête.

Tom : T'inquiète pas ... je suis là, t'as aucune raisons d'avoir peur.
Sarah *tout bas* : J'ai pas peur.
Tom *souriant* : Tant mieux.

Arrivé à l'extrémité ils s'assirent ensemble mais Sarah était tellement tremblante que Tom dut passer son bras autour de son épaule pour qu'elle s'arrête. Au bout de quelques minutes, elle se détendit et put enfin réaliser. Là sous ses yeux, s'étendait toute la beauté de la ville. Avec ses hauts buildings et ses petits magasins, ses ruelles et ses avenues, sa vie et son bruit ... Berlin. Le vent. Le ciel à perte de vue. Et Tom. Rien ne pouvait être plus doux comme paysage et rien ne pouvait être meilleur comme compagnie.

Sarah : C'est beau.
Tom : Je sais.
Sarah : J'ai été acceptée au conservatoire.
Tom : Je le savais.

Elle baissa les yeux et sourit avant de se blottir un peu plus contre lui. Voila. Maintenant cet instant était plus que parfait.


Demain c'est LA journée qui tue, genre, je dois présenter l'exposé oral que je bosse depuis perpète. Plus devoir d'allemand, plus dossier de techno, plus devoir de math sur ces foutus calculs pourris, sachant que les chiffres et moi ... c'est comme Sarah et le vide. Donc si je suis pas morte de stress demain soir, la suite est pour demain. Ou vendredi.
En tout cas merci d'aimer mon histoire. Merci de m'encourager. Merci de me donner votre avis. Et merci d'être si fidèles. Vraiment.

Lola

# Posté le mardi 22 mai 2007 13:25

Modifié le mercredi 23 mai 2007 16:02

*32*

17 Columbiastraße - 19 heures - Sur le toit.

Blottis l'un contre l'autre, tout seuls du haut de ce toit vertigineux, ils regardaient sans se lasser le soleil qui disparaissait lentement, là bas, derrière les immeubles. Le visage contre le T-shirt de Tom, Sarah ferma les yeux pour mieux sentir encore cette odeur de garçon si particulière, pendant que Tom lui caressait doucement ses cheveux tout doux, le sourire aux lèvres.

Tom : On devrait rentrer.
Sarah : Oui. Je crois aussi.
Tom : Allez viens.

Il l'aida à se levée et la conduisit avec le plus d'attention possible jusqu'à l'endroit ou il l'avait trouvée. Mais avant de se fondre dans tout ce tas de ferraille, elle leva la tête vers lui et planta ses yeux gris dans les siens. Juste histoire de lui dire, à sa manière, un certain merci pour ce qu'il avait fait là. Sans un mot, elle descendit prudemment les étages et, dans une dernière acrobatie, disparut derrière la fenêtre de son couloir.
Toujours là haut, Tom marcha encore un peu, longeant les bords, le regard perdu. Il venait souvent ici. C'était un petit endroit qu'il avait découvert avec Bill, quand David, leur producteur les avait fait emménager ici. Leur coin à eux. Leur exil quand ils avaient besoin de réfléchir au calme ... Sans la musique. Sans les cris des fans. Juste eux. Et maintenant Sarah.
Au bout de quelques minutes, il se décida enfin à trainer les pieds jusqu'à la sortie. Et disparut à son tour derrière les pierres de l'immeuble.


Chez Sarah.

La jeune fille s'extirpa de la fenêtre mais elle était tellement occupée à s'en sortir qu'elle ne remarqua pas son père, juste à côté.

Père : Je peux savoir ce que tu fais ?

Au son de sa voix, Sarah leva les yeux vers lui. Le haut du corps à l'intérieur, les jambes toujours dehors et les cheveux dans la figure, elle avait parfaitement l'air d'une voleuse prise en flagrant délit. Ou d'une adolescente morte de honte. A vous de choisir.

Sarah : Heu ... je ... je teste la solidité des fenêtres. *tapant sur la vitre* C'est bon, celle là est résistante.
Père *riant* : Allez viens, que je te sorte de là.

Quelques heures et efforts plus tard, Sarah, qui avait pris une douche, en sortit et retrouva son père dans le salon, avec un plateau-télé tout fait. Ils s'installèrent tout les deux devant les infos, trop occupés à regarder le monde et ses horreurs pour parler. Ou presque.

Père : Heum ... J'ai le droit de savoir qui est Tom ou c'est un secret d'état ?
Sarah *se tournant vers lui* : Hein ?
Père : Je reprends. Connaîtrais-tu un certain Tom ?
Sarah *surprise* : Oui mais ... Comment tu sais ça ?
Père *souriant* : J'ai de très bonnes sources.
Sarah : Du genre ?
Père : Un père ne dévoile jamais ses secrets de protection envers sa fille. Mais je veux quand même tout savoir. Alors, c'est qui ?
Sarah : Un copain.
Père : Ton copain ?
Sarah : Ben ... oui. Mon copain.
Père : Ah ...
Sarah : Et pourquoi monsieur le président-de-la-boite-la-plus-réputée-d'Allemagne aurais besoin de ce genre d'information ?
Père : Pour savoir, c'est tout. Allez, finis ton assiette.
Sarah *souriant* : Change pas de sujet !
Père : Mais je change pas de sujet, j'épargne les trois pauvre haricots qui se battent en duel dans ton assiette. C'est fou ce que tu mange lentement.
Sarah : Nan c'est toi qui mange trop vite.

Et la conversation se poursuivit ainsi, entre les rires et les regards... mais même si tout avait l'air de bien aller en apparence ... Sarah était loin de se douter de la faute qu'elle venait de faire sans le vouloir. Une faute de rien du tout. Toute petite, c'est vrai ... mais bien loin de le rester.

# Posté le jeudi 24 mai 2007 12:15