*23*

29 Kastanienallee - plateau de télévision DE3 - minuit.

L'émission venait juste de s'achevée, on conduit donc Georg, Gustav, Bill, Tom et ... Tina dans leurs loges. Arrivés là-bas, quand la porte fut claquée, ils purent enfin respirer, non pas qu'ils aient manqué d'air. En fait, c'était comme ça à chacune de leurs apparitions en direct, ils devaient faire attention à leurs gestes, leur positions, leurs paroles, quitte à ... mentir. Comme l'avait si bien fait Tom.
Seulement maintenant ils étaient seuls, sans caméras pour les analysés et pouvaient donc réparer librement les quelques "erreurs", produite pendant l'émission.
A peine un pied à l'intérieur, Tom poussa Tina dans un coin de la pièce. Elle l'avait piéger. Elle l'avait forcé à faire croire à l'Allemagne entière qu'ils étaient ensemble alors pas question qu'elle s'en sorte avec un sourire.

Tom *sec* : Je peux savoir ce que tu fais là ?
Tina *lui caressant la nuque* : Je suis venue t'accompagner.
Tom *retirant ses mains* : J'en veux pas, de ce genre de compagnie alors lâche-moi.
Tina : C'est trop tard maintenant ... on est ensemble mon ange.
Tom : Ne m'appelle pas comme ça.
Tina : Hier soir, sa te dérangeait pas ...

Tom la fixa jusqu'au fond de ses yeux bleus. Elle était très jolie, c'est vrai, mais rien chez elle ne pouvait égaler Sarah.

Tom : Je t'aime pas Tina. Alors vas-t-en.
Tina : On s'en fiche ... j'ai assez d'amour pour deux.
Bill : Tom ! Viens on prend des photos !

Evidemment, Tina se joignit à eux pour le plus grand plaisir des photographes qui n'hésitèrent pas à mitrailler le petit "couple". Tom ne souriait pas, au contraire, il s'interdisait de montrer ne serai-ce que l'esquisse d'un sourire pour que personne ne pense qu'il pouvait être heureux au bras de Tina, et puis de toute façon, si elle avait assez d'amour pour deux, elle pouvait bien l'exhiber pour lui.

Photographe : Vous nous faites un petit bisou ?

Le guitariste regarda sa "chérie" d'un air noir. Si elle tentait de s'approcher de ses lèvres, il la tuait sur place. Elle s'avança doucement, il recula, elle s'avança encore plus et lui glissa à l'oreille :

Tina : On est ensemble maintenant. Tu essayes juste de te convaincre que je ne suis rien pour toi mais au fond, je sais très bien que tu m'aime. T'aurais pas eu le cran de mentir sur le plateau sinon.

Tom baissa les yeux une seconde, juste le temps d'assimiler ... Il ne connaissait rien de l'amour, il ne savait pas aimer et rien ne lui disais que ce qui le tenait éveillé la nuit s'appelait vraiment "être amoureux" ... Son regard se posa sur Tina. Il pouvait faire semblant, de toute façon maintenant il devait s'y faire. Elle était sa copine. Et c'était le grand amour.

Sans réfléchir il l'embrassa d'un coup, les yeux fermé, les mains tremblantes et le c½ur au bord des lèvres. Autour d'eux les flashs crépitaient, ne ratant pas une seule miette de ce qui allait faire la une de tous les journaux dès demain.

Voila, maintenant c'était officiel.
Il avait fait la plus belle erreur de sa vie.

# Posté le lundi 07 mai 2007 13:54

*24*

La séance de photo continua mais il manquait quelqu'un.

Un certain guitariste qui venait de créer le scandale du siècle en embrassant un top-modèle qui se prétendait être sa petite amie ... ou bien, un adolescent perdu par les informations contradictoires de son c½ur. L'un ou l'autre s'était réfugié aux toilettes, verrouillant la première cabine venue et s'asseyant à même le sol. Un peu fatigué, Tom enleva sa casquette, ferma les yeux et s'adossa à la porte ... épuisé par cette seule et même phrase qui lui broyait l'esprit.

Tom : Mais qu'est-ce que j'ai fait ?

Bonne question.
Une belle connerie à première vue.
Soufflant un bon coup, il replia ses jambes contre lui, faisant tomber son téléphone de sa poche.
Sarah ...


"Je t'appelle après l'émission."


Et maintenant ?
S'il ne l'appelait pas, il allait passer pour celui qui s'en fiche. Mais s'il l'appelait et-ce qu'on pouvait parler ... d'infidélité ?
Non. Sarah était son amie. Et les amis, on ne les trompe pas.
Sans attendre il saisit son téléphone et composa son numéro ... ses mains tremblant légèrement.


Une sonnerie ... deux sonneries ... trois sonneries ... quatre sonneries ...


Sarah : ... Allo ?

Sa voix était faible ... cassée, mais surtout distante ... comme si on venait de la tirée de son sommeil et qu'elle préférait dormir plutôt que de parler. Seulement le pire, c'est que c'était vrai.

Tom : C'est Tom. J'avais dit que je t'appellerais.
Sarah : ...
Tom : Tu ... tu as regardé l'émission ?
Sarah : oui.
Tom : Et heu ... t'en a penser quoi ?
Sarah : J'ai trouvé ta copine très jolie.

Un silence s'installa. Ce silence de pendant communication tellement désagréable, qui persiste à nous tenir muet.

Tom *pensant* : Bordel, Tom ! Dis quelque chose !
Sarah : Bon ... je crois que je vais me recouchée.
Tom : Non, attend. Je ... C'est pas ma copine.
Sarah : Et pourtant c'est le grand amour.
Tom : Je sais ... j'étais obligé de mentir ...
Sarah : ...
Tom : Et puis de toute façon, on s'en fiche ... toi et moi on n'est pas ensemble.

Sarah ne répondit rien. Au fond de son lit elle réfléchissait à vive allure sur ces quelques mots qu'il venait de lui dire ... effectivement, ils ne sortaient pas ensemble et elle n'avait aucune raison de lui en vouloir.

Tom : Sarah ?
Sarah : Euh ... oui ?
Tom : Je dois rentrer. On se voit demain.
Sarah : Pourquoi ?
Tom : Pour ... se voir.
Sarah : Oui mais, pourquoi ?
Tom : Parce que ... j'en ai envie.
Sarah : ...
Tom : A plus.

Encore plus tremblant, Tom éteignit son téléphone et enfouit son visage dans ses mains.

Tom *pensant* : A plus ... pitié me dites pas que j'ai dit ça ...

De son côté, Sarah posa son portable à côté d'elle et fixa le plafond d'un regard songeur ... "Parce que j'en ai envie" ... mais elle, et-ce qu'elle avait envie de le voir ? Un vague sourire se dessina sur ses lèvres, elle se tourna du côté de la fenêtre et chassa cette question de sa tête puisque de toute façon elle connaissait la réponse : copine ou pas, qui n'avait pas envie de le voir ?


C'est un peu l'overbookage de devoirs en ce moment [haaa 'fallait la casée celle là ! Elenoos <3] les profs nous laissent pas respirer et la fin de semaine est assez dure à passer. La suite arrivera donc samedi vu que ce soir je bosse et que demain je finis à 5 heures et demi. Ouaaaiiii -_-'


Lola

# Posté le mercredi 09 mai 2007 03:55

Modifié le jeudi 10 mai 2007 07:12

*25*

Le soleil se levait doucement sur Berlin, éclairant chaque immeuble un peu plus, réveillant chaque personne peu à peu.

Au 17 Columbiastraße dans l'appartement o9, le soleil illuminait plutôt la deuxième journée qu'une certaine Sarah passait ici.
Déjà douchée, maquillée et habillée des habits que son père lui avait achetés, elle sortit de sa chambre tranquillement, traversa le couloir et ...


Oh non.


Là, assis à la table dans son habituel costume de travailleur acharné l'attendait son très cher papa, un immense sourire aux lèvres.
C'est vrai, c'était adorable de sa part d'avoir attendu qu'elle se lève et de l'accueillir avec un petit déjeuner mais ... maintenant elle devait tout gâcher en lui annonçant qu'elle n'était pas admise au conservatoire. Maintenant elle allait devoir détruire l'image de pianiste reconnue qu'il s'était faite d'elle en le décevant ... et il ne l'aidait surement pas en lui adressant ce magnifique air de papa fier de sa fille.
Respirant un bon coup, elle lui décrocha un petit sourire forcé et s'assit sans dire un mot en face du bol de céréales qui lui tendait les bras. S'il voulait parler de ça il devait faire le premier pas, parce qu'il ne viendrait surement pas d'elle.

Père : Alors ?
Sarah : Alors heu ... je ...

Elle baissa la tête, évitant ainsi le regard interrogateur qu'il lui lançait. Les larmes embuèrent ses yeux gris, mais elle se faisait violence. Elle ne devait pas pleurer. Pas maintenant. Pas ici.

Père : Sarah ...

Sa voix était douce et calme, tellement posée qu'elle comprit qu'il ne lui en voudrait pas d'avoir fait foirer son avenir. Avec le peu de courage qui lui restait, elle releva la tête, révélant ses beaux yeux brillants de tristesse et lui décrocha son sourire triste, tellement plus triste que toutes les larmes du monde.

Père : Mon dieu Sarah ...

Voyant sa fille au bord des pleurs il se leva en vitesse et la pris sur ses genoux en la serrant dans ses bras. Il n'avait pas besoin de mots. Il n'avait pas besoin de larmes. Cette seule petite bouille désolée lui avait suffit pour mesurer sa déception.
Assis, là, serrant sa fille, sa propre fille qu'il avait faite, la sienne, la seule, il comprit que ces dix sept ans qu'il avait ratés valait tellement plus que la gloire et l'argent. A quoi bon gagner quand on ne partage sa victoire avec personne ... maintenant il avait des cheveux à caresser et des larmes à essuyées ... c'est fou ce que ça lui faisait du bien de se sentir papa.


Dring Dring Dring Dring Dring


Sarah se dégagea un peu pour qu'il puisse aller répondre. La laissant assise, il s'empara du téléphone comme le font si bien les employés de bureaux.

Père : Oui ? Ah ...

Il jeta un bref coup d'½il à Sarah. Un coup d'½il mélangé entre stress et espoir. Sa y est. Il allait enfin pouvoir assister en direct au tournant de l'avenir de sa fille.
Presque tremblant il lui tendis le téléphone, ne sachant pas s'il devait sourire ou prendre son air grave, et déclara d'une voix indécise :

Père : C'est le conservatoire.


A suivre ...

# Posté le samedi 12 mai 2007 07:38

*26*

D'une main tremblante, Sarah saisi le téléphone.

Sarah : Allo ?
... : Vous êtes bien mademoiselle Swann ?

Sarah reconnu tout de suite cette voix qui parlait, c'était celle d'une des jurés qui l'avait auditionnée. Le genre de musicienne à la grande réputation qui croie dur comme fer aux vieilles institutions et qui forme les jeunes comme s'ils allaient devenir militaires. Autrement dit, c'était mort d'avance.

Sarah : C'est moi.
... : Bien. Je crois que, de toute l'histoire du conservatoire, nous n'avons jamais débattu autant pour une candidate. Et je vous avoue que l'hésitation me fait horreur.
Sarah : Ah ...
... : Néanmoins nous sommes toujours indécis et nous aimerions discuter du sort de votre admission en votre présence. Pourriez-vous être à l'école le plus vite possible ?
Sarah : Heu ... oui. C'est faisable.
... : Parfait. Alors à bientôt.

Sarah n'eu pas le temps de penser à un au revoir que son correspondant avait déjà raccroché. Ses tremblements cessèrent et elle se tourna vers son père, debout face à elle, piétinant d'impatience.

Père : Alors ?
Sarah : Je dois y retournée pour "étudier mon cas".

Il ne dit rien. De toute façon il n'y avait rien à dire. Ce n'était ni oui, ni non ... c'était un peut-être. Comme d'habitude.


Sur le palier, juste en face.

La nuit s'était mal passée, comme toutes les nuits depuis quelques temps. Tom n'avait dormis que quelques heures, pour avoir céder sous le coup de la fatigue, condamnant aussi son frère à seulement un quart de nuit de sommeil. La présence de Tina n'avait pas arrangé les choses, au contraire. Elle avait passé la soirée à insister auprès de Tom. Sans succès. Avant de finir par s'endormir collée à lui.
Maintenant le petit "couple" tentait de se séparer ... autrement dit, Tom essayait tant bien que mal de faire partir Tina qui s'accrochait désespérément à son nouveau copain.

Tina *se collant contre lui* : Je peux restée tu sais, sa me dérange pas.
Tom *la repoussant* : Moi sa me dérange.

Ignorant ses paroles, Tina posa ses deux mains dans sa nuque et lui lança un regard plus qu'insistant. Pas question qu'elle le lâche maintenant.

Tina : On est un couple à partir d'aujourd'hui. Que tu le veuille ou non, on ne se séparera pas.
Tom *retirant ses mains* : Arrête et va-t-en.

Sa voix se voulait sèche et rapide ...très loin de celle qui susurrait des mots doux aux filles.

Tina : Et pourquoi je partirais ?
Tom : Parce que je veux pas de toi.
Tina : Tu disais pas ça avant-hier.
Tom : Avant hier c'était différent.
Tina : Et en quoi ?
Tom : En plein de choses. Arrête maintenant.

Son regard fuyant faisait tout pour ne pas la regarder. A vrai dire, la seule chose qu'il avait en tête se trouvait juste à côté, et il espérait de tout c½ur qu'elle ne sorte pas maintenant.

Tina : Embrasse-moi si tu veux que je parte.
Tom : Pas question.
Tina : Alors je reste.

Décrochant son regard de la porte de l'appartement o9, Tom le planta dans les yeux bleus de sa "copine". Elle ne cillerait pas. Il le savait. Alors autant en finir tout de suite.

Tom *soupirant*: D'accord ...
Tina : Je savais que tu craquerais. Tu es à moi mon ange.

Elle s'approcha encore plus et essaya de l'embrasser mais il lui saisi les épaules et l'éloigna d'un coup. Elle avait dit une phrase de trop. Et elle allait s'en souvenir.

Tina : Mais ... qu'est-ce qui t'arrive mon c½ur ?

Le guitariste lui lança un regard noir. Tout juste sortis des enfers. Le genre de regard qui vous glace sur place, face auquel on ne peut absolument rien si ce n'est se taire ou prier pour disparaître. Et déclara d'une voix d'un calme à faire peur, presque arrogante :

Tom : Je ne suis à personne.

Avant de lui montrer du doigt l'ascenseur qui l'attendait sagement. [Autrement dit, dégage]
Sans un mot, Tina y entra et dès l'instant ou les portes se refermèrent, celle de l'appartement o9, elle, s'ouvrit.


J'en peux plus. Désolée mais mon école m'opresse vraiment. Explications : Je suis en collège-lycée privé épiscopal et j'ai l'impression qu'ils nous entraînent comme si on allait à la fac au lieu de simplement passé en troisième. Bref, tout sa pour dire, hier j'avais une petite baisse de moral et de sommeil. Et ce soir je finis à 18 heures. Donc la suite arrive normalement demain, voir ce soir, parceque j'ai vraiment envie de l'écrire. On verra.
Et merci milles fois pour vos commentaires. C'est tellement génial de partager un petit bout de ma vie avec vous.


Lola

# Posté le dimanche 13 mai 2007 04:47

Modifié le mardi 15 mai 2007 05:38

*27*

Sarah s'arrêta juste avant de poser le pied à l'extérieur de chez elle.

Il était là. Debout. Toujours à moitié débraillé et la regardant droit dans les yeux.
Son sac glissa de son épaule sans même qu'elle ne réagisse et s'écrasa au sol dans un petit bruit qui brisa le silence. Ni l'un, ni l'autre n'avait prévu de se voir si tôt. Ni l'un, ni l'autre n'avait pensé à ce qu'il pouvait dire. Du coup rien ne traversa leurs lèvres. Du moins pendant quelques minutes

Tom : Salut.
Sarah : Salut.

C'est tout. Pas un mot de plus. Pas un mot de moins. Juste ce silence gêner qui pèse, qui pèse, jusqu'a craquer.

Tom : Tu es jolie.
Sarah : Merci.
Tom : Heu ... ton sac est tombé.
Sarah : Je sais.
Tom : Attend je te le ramasse.
Sarah : Non, sa va aller.
Tom : Mais ... si. J'ai envie.
Sarah : Pas m...

Elle n'eut pas le temps de finir que Tom l'avait déjà ramassé. A présent il ne se tenait qu'à quelques centimètre d'elle, si près qu'elle pouvait presque sentir son souffle sur sa joue.
Sa main effleura la sienne, ses doigts se mêlèrent au siens, il la regarda droit dans ses yeux gris et dit doucement, comme pour ne pas la brusquée :

Tom : Tiens.

En lui donnant son sac.
Redescendant sur Terre, Sarah décrocha son regard du sien et passa à côté de lui pour filer vers l'ascenseur. Si elle restait ici, et surtout s'il s'approchait encore aussi près, elle risquait de ne pas tenir.

Tom *un peu perdu*: Ou est-ce que tu vas ?
Sarah : Au conservatoire.

L'ascenseur s'ouvrit et elle entra sans se faire priée mais Tom se mit juste entre les portes. Il n'allait pas la lâchée de sitôt, conservatoire ou pas.

Tom : Tu es reçue ?
Sarah : J'en sais rien. J'y vais pour y sauver ma place.

Elle appuya sur les boutons histoire de lui montrer que non, elle n'avait pas envie de parler mais il resta à sa place, tentant toujours de capter son regard fuyant.

Tom : Attend ... j'ai un truc à te dire.
Sarah : Je peux pas, je suis en retard.
Tom : C'est une urgence.

Une urgence ?
Elle leva les yeux vers lui et découvrit son petit sourire en coin ...
Ah ... ce genre d'urgence.

Sarah : Dans ce cas appelle moi.
Tom *essayant de repousser les portes qui se refermaient sur lui* : Mais ...
Sarah : Désolée, je dois vraiment y aller.
Tom *cessant de se débattre avec l'ascenseur* : Ok.

Et les portes se refermèrent, les laissant seuls chacun de leurs côtés, avec cette désagréable pensée qui leur emplissait la tête "Et ce qu'on s'entend mieux maintenant ou pas ? »
Malheureusement, ça, je crois que même la raison l'ignore.

# Posté le mardi 15 mai 2007 13:46