Deuxième- Des gamins vous dites ? -

Deuxième- Des gamins vous dites ? -

Scotch double face


- Casse-toi ! Casse-toi ! Casse-toi !
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Ils se font la gueule.
- Encore ?
- Ouais. Tu prends ?
- Allez, deux minutes.

- Tu va dégager j'te dis, et plus vite que ça !
- Moi qui vais dégager ?! C'est TOI qui pars, pas moi !
- Et pourquoi ça ?! T'as de trop grosses fesses pour les transporter ailleurs ?
- Oulla, c'est violent.
- Tu l'as dit mon ami.

- On n'a le même cul j'te signale et je ne bougerais pas !
- Oh que si, tu vas voir ... !
- Aïeuh ! Vire tes salles pattes de là !
- C'est toi qui vire tes locks pourries de ma chambre !
- Qu'est-ce qu'on fait ?
- J'en sais rien. On les laisse.

- Geooooooooorg !
- Oui ?
- Tom me fait mal !
- J'en suis navré.
- Ha, ha, ha, le pauvre bébé à sa maman à besoin d'un soutien en plus.
- Tu vas voir qui c'est, le bébé !
- C'est ça ouais, tu ne fais pas trois pas sans moi.
- JE ne fais pas trois pas sans toi ?
- Exactement.
- Et qui a insisté, l'année dernière, pour qu'on reste groupés quand on devait aller à Cannes ?!
- C'est pas vrai, encore cette histoire ...
- Laisse-le, c'est son seul argument.
- Il le sort à chaque dispute quand même.

- Et QUI nous a fait une crise à l'aéroport quand je devais rester ?
- Et qui m'a appelé dans la soirée pour s'excuser trente milles fois de m'avoir laissé ?
- C'était pour te rassurer !
- J'ai pas besoin qu'on me rassure !
- Arrête, t'as TOUJOURS besoin que je sois là pour te dire comment faire.
- De toute façon, ça ne sert à rien de discuter avec toi, tu ne m'écoutes jamais !
- Dix huit ans que j'te trimballe et tu me sors que je ne t'écoute jamais ?
- PARFAITEMENT !
- T'es qu'un pauvre obstiné, t'as raison, ça sert à rien de discuter avec toi !
- C'est ça, casse-toi !
- Oh mais j'y vais, t'en fais pas !
- Ils ne vont pas le faire quand même ?
- On va voir ...




Clac !
CLAC !



- Et je t'interdis de claquer la porte plus fort que moi !
- J'y peux rien si t'a du flanc dans les bras !
- Tiens, prends toi ça dans la tête, pauvre con !



CLAC !

[...]



- Tom ?
- C'est pas vrai, il le fait ...
- Tom ?!
- J'aurais pas cru ça de lui.
- Tom ...
- Bon, tu chronomètres ?
- Tom, reviens, je suis désolé ...



[...]



- Je pensais rien de ce que j'ai dit, je te jure, je pensais rien ... Allez, ouvre la porte et j'te promets, on efface tout.



[...]



- Il tient, hein ?
- Tom, s'il te plait ! Ouvre !



[...]



- Je regrette d'avoir dit que t'étais con !
- Je regrette que tu le sois.
- J'suis désolé.
- Pardon ?
- J'suis désolé.
- J'ai rien entendu.
- Je suis désolé, je t'aime, voilà, c'est clair ?
- Top ! Une cinquante huit !
- Putain, les mecs !!

- Quoi ?
- J'viens de perdre quinze euros avec vos conneries ! Vous êtes vraiment incapable de vous séparer deux minutes !?



Clac !



- C'est nul de faire ça, Gus'.
- Moi j'trouve ça marrant.
- Oui mais toi, tu trouves tout marrant, Tom.
- Je préfère ça que de tout trouver nul tout le temps.
- Je dis pas que tout est nul, je dis juste que ça, ce n'est pas marrant ! Pourquoi tu déformes toujours ce que je dis ?!
- Parce que tu t'exprime comme un gamin, voila !
- Mais va te faire voir !
- Toi, va te faire voir !
- Qu'est ce qui se passe ?
- Ils s'engueulent, pour changer. Tu prends les paris ?



# Posté le mardi 01 avril 2008 11:42

Modifié le mardi 01 avril 2008 12:05

Troisième- Disons que c'était d'actualité. -

Troisième- Disons que c'était d'actualité. -
(Point de vue : Tom)


Ils s'étaient pourtant promis que jamais rien ne les arrêterais.


_____Menteur. Menteur, salaud, crétin ... Tu n'as plus de paroles, tu m'avais promis. On devait faire le tour du monde et massacrer des chambres d'hôtels. On était censé pouvoir faire ce qu'on voulait et quand ça nous prenait. Il fallait qu'on arrête de fumer, qu'on arrête de jurer et toutes les portes pouvaient s'ouvrir. Tu m'avais dit que oui, que c'était possible, que tout était possible tant qu'on était ensemble. Je t'ai cru, honte à moi. J'ai bousillé mon once de naïveté à acquiescer tout ce qui passait. Tu me promettais les Etats-Unis, le Japon, l'Inde, Taiwan et toute l'Afrique s'il le fallait. Mais regarde ... Espèce d'idiot. Rien ne devait nous arrêter. Le Portugal nous tend les bras et qu'est-ce que tu fais ? Tu crèves. « Il a une laryngite, théoriquement c'est deux semaines d'arrêt. » Tu t'es accordé quatre jours. Le grand luxe, pas vrai. Connard. Tu m'as bercé d'illusions jusqu'à ce que je te pleure. Mon frère défunt, en deux ans de carrière on a stoppé plus de concerts qu'en quatorze ans d'anonymat. Et je te revois encore cracher, tousser, vomir, évacué, expulser, maudire, racler du fond de ta gorge embrasée les dernières notes encore possibles. Je te revois le sourire aux lèvres, la peur au ventre, chercher désespérément de quoi tenir encore vingt minutes. T'écraser au bout de dix, abandonner, épuisé jusqu'à quinze puis t'évanouir avant les cinq dernières. Tu n'étais peut-être pas fait pour ça ... toi qui te disais chanteur. Menteur. Rien ne devait nous arrêter, et pourtant ...
C'est fait.



# Posté le mardi 01 avril 2008 11:45

Modifié le mardi 01 avril 2008 12:06

Quatrième - Les jumeaux Kaulitz ou la tache de plomb sur une nouvelle année scolaire. -

Quatrième - Les jumeaux Kaulitz ou la tache de plomb sur une nouvelle année scolaire. -


Terreurs


_____ Il est sept heures à l'horloge antique veillant sur la coure de l'école.
C'est tôt, depuis le temps qu'elle n'avait pas suscité une telle agitation ... en face, sur le trottoir, les cartables s'enfilent à tour de bras, chargés de goûters en tout genre. Une cinquantaine de gamins hagards s'accrochent aux doigts manucurés de leurs mamans BCBG, jupe bleue marine, serre-tête ajusté.
Sept heures trente quatre. Arrivent les premiers collégiens, se ruant à l'extérieur du bus, écrasant les plus petits, passant sous le nez des surveillants. On se retrouve, on s'embrasse, on s'aime ... la haine, c'est pour plus tard. Le temps des premières disputes, des premières colles viendra ensuite. Pour l'instant l'enceinte regorge de regards, analysant la tenue de l'un, le sac de l'autre ...
_____Sept heures quarante-cinq. Deuxième bus. Et ce n'est non pas des lycéens mais de petites têtes endormies qui triment à se retrouver entre elles. Les « grands » de la section primaire, venus tout droit des patelins alentours envahissent le béton brûlant à petit feux. On distingue les cernes sous le maquillage des coquettes et l'½il vif des plus réveillés. Tous attendent la même chose. Les nouveaux sont déjà au courant d'ailleurs. Les rumeurs vont vite d'école en école.

_____La nuée se presse soudain sous le hurlement familier de la cloche. Les vacances d'été s'y noient officiellement. Et les professeurs s'inclinent, pour leur quart d'heure de gloire, sur le devant de l'estrade.

_____- Un deux, un deux ... Test, vous m'entendez ?

_____Un « Ouiiiii » faramineux émane de la petite foule, embrasée d'angoisse. On se pousse, on se tire, on se cogne contre les camarades mais où sont-ils donc ?! Une vague de murmure s'étend, atteignant les enseignants, s'enracinant sur leur élévation de fortune. Mme. Margimel glisse quelques phrases à Mr. Boutin. Personne ne sait qui en héritera.

_____- Alors, cinquième 1, avec Madame Sherman, Sophie Alborg, Jonathan Bischof, Tania Brasche, Alexander Cariberg ...

_____Mr. Vernier, professeur de français depuis des générations, enchaine nom sur nom. Choisi pour son charisme légendaire, il secoue ses boucles châtain, découvrant au même titre qu'un élève l'identité de ceux qu'il n'aura pas cette année. Geinhart Judith, Kintzig Mathis ... un soupir collectif s'élève du clan professoral pendant que les derniers condamnés rejoignent leur tuteur. Madame Sherman refoule le sourire de l'année. Elle est sauvée maintenant. D'un regard angoissé, ses collègues la regardent s'éloigner accompagnée d'une file de marmots. Eux sont encore vulnérables, susceptibles du moindre des faux pas. Ce n'est qu'une chance sur trois qui vient de s'envoler.

_____- Les cinquième 2, avec moi-même, Anita Berger, Phillip Heimberg, Joshua Jung, Marlène Kamscht, Tom Kau ...

_____Bam. Pauvre Mr. Vernier ... L'assistance retient son souffle, ont-ils bien entendus ? C'est le temps qui s'arrête au c½ur des murs effrités de l'établissement. Ils en ont vu, des silences, insignifiant face à celui de cette assemblée muette. François Vernier meurt derrière son micro. Ils sont pour lui, cette fois, il n'y échappera pas. Comme ces noms, étranglés au fond de sa gorge.

_____- Tom et Bill Kaulitz ...

_____Ca y est. On les chuchote sur toutes les lèvres, les visages fatigués d'attendre s'éclairent. Ils sont là ... Ils arrivent.

_____- J'appelle Tom et Bill Kaulitz !

_____Mais le dernier espoir de l'enseignant abattu s'évanouit dans ces deux silhouettes, se détachant du monde. Doucement, leurs ombres se dessinent, même les troisièmes leurs lègueraient leur bout de terrain. Tom. Taille moyenne, poids minime, cheveux mi-long, mi-blonds ... son T-shirt à l'effigie du Che évoque les tics des surveillantes ancestrales, et ce piercing venu se nicher au coin de son visage angélique ... le directeur en aurait cauchemardé. Tranquillement, ses lèvres se retroussent, souriant à l'agonie de l'autorité. Un comme lui, dans une école ; le genre adorablement juvénile, c'est déjà le comble de l'horreur, mais deux ... deux, puisque oui, aux côtés de sa démarche nonchalante suis le second. Bill. Mêmes mensurations, coupe soigneusement désordonnée teinte couleur nuit, piercing à l'arcade et maquillage, qui plus est, se profile, la tête haute, provocateur au possible. Pas une fille à la ronde ne marcherait droit sur leur passage. C'est presque leurs sourires insolents qui avancent, crachant sur ceux qui oseraient leur barrer la liberté. On a tout fait, tout essayer pour les devancer. Rois de l'arnaque, du vol, de la réplique assassine et des conneries en tout genre, on compte même plusieurs enseignants à leur palmarès. Tous ont craqué, démissionnant sous la pression de ces véritables petits monstres bien trop mignons pour avoir le diable au corps.
_____Voila ce qui attend la cinquième 2, Mr Vernier et le directeur penché à sa fenêtre, observant d'un ½il morne l'année scolaire mouvementée qui s'annonce. Ce n'est pas pour cette fois qu'il s'en débarrassera, des frères Kaulitz. Des semaines l'attendent encore, menées à la baguette.
Courage, ce n'est qu'un an à ternir.



# Posté le mardi 01 avril 2008 11:51

Modifié le mardi 01 avril 2008 12:07

& Cinquième - Inspiré d'une vidéo d'un de leur concerts en Allemagne -

& Cinquième - Inspiré d'une vidéo d'un de leur concerts en Allemagne -
(Point de vue : Bill)


In die Nacht
Tokio Hotel


_____ Au départ, ce n'était qu'un projet. Rien de plus qu'un plan à nous, à épingler au palmarès de toutes nos idées foireuses. Je m'en rappelle comme si c'était hier. Un soir où il n'avait pas sommeil. Je me souviens de son visage, se tournant vers le mien, de sa voix grave, chaques mots, un par un ... « Et si on faisait une chanson ensemble ? » Ma réponse, classe. « T'es bourré ? ». C'est tout. L'idée est venue de lui, sur le lit d'une chambre que nous avons déjà oublié. Une manière de nous sceller, pour de vrai, au delà de l'âge, de nos dix huit ans qui approchaient. Nous unir d'une autre religion, plus qu'une simple majorité aux yeux de la loi mais à ceux de la musique. A ce regard, tellement plus important.
_____ Les producteurs ont aimé. Je leur ai exposé la chose en long en large et en travers, David a émit le petit grincement, sourcils froncés : « Et si vous vous engueulez ? » Tom était affalé au bout de la pièce pendant mon mini showcase, planqué sous sa casquette. « Je le jette de la scène et on en parle plus. »
Cette idée là aussi, ils ont apprécié.
_____ Et pendant qu'ils riaient, nous on s'aimait en silence. C'est comme ça. Dix huit ans qu'on dure, voués a rester ensemble. Je lui suis collé comme il s'accroche à mon T-shirt lorsqu'il fait trop sombre. Je le connais par coeur. En plein jour comme au travers d'une nuit sans lune. Tom c'est moi. Je suis Tom.
« Du bist alles was ich bin. » Nous sommes nous en un seul, à jamais, jusqu'au bout.
_____ Il trouve ça pesant et j'assume. Moi seul sais à quoi il pense pendant ses sourires et ses blagues à la con. Je me dévoile, on en sait plus sur moi et ça me va tant qu'on ignorera toujours tout de sa vrai facette. Mon exclusivité, c'est lui. Il a beau se concentrer sur toutes les premières notes, je sais, je l'ai lu, que c'est pour ne pas trop me regarder sourire. L'amour expansé, il s'en passe autant qu'il peut. Les manifestations publiques aussi. Si c'est dur, de la jouer devant un millier de personne, je n'en sais rien. Je m'en fous. Tant qu'il me laissera son nom, je le citerais en intro. Tant que j'aurais le droit de le regarder, assis en face du monde, de lui dire qu'il est tout et ce qui coule dans mes veines, de me tenir si je dérive, alors on continuera. Il pourra me balancer son manche dans la gueule, j'aurais une raison, une, enfin, de faire de quelques mots un de ses meilleurs souvenirs.
C'est mon moment préféré. Ca et les cris, les rires ... Même si parfois, et c'est un secret, j'ai envie de lui dire « Hey, toi. Regarde-moi quand je t'aime. »


__________________


Une dernière fois. A ceux qui restent.
M-E-R-C-I

Lola

# Posté le mardi 01 avril 2008 11:54

Modifié le mardi 01 avril 2008 12:19